Le diagnostic est sans ambiguïté : la chaîne de distribution des médicaments au Maroc fonctionne, techniquement, mais montre des fragilités structurelles qui pèsent sur l’accès aux traitements, la viabilité financière des acteurs et l’efficience du marché. Le constat, dressé par le Conseil de la concurrence dans un avis détaillé, met en lumière un maillage territorial contrasté, une concentration notable à certains niveaux, une pression continue sur les marges et l’absence de mécanismes permettant d’absorber efficacement les ruptures d’approvisionnement.
La distribution en gros, assurée par les établissements pharmaceutiques grossistes-répartiteurs (EPGR), a vu son parc s’accroître modestement ces dernières années, passant de 56 à 66 opérateurs entre 2015 et 2024, avant de se stabiliser, signe d’un marché entrant dans une phase de maturité. Cette évolution masque toutefois une forte concentration géographique ; les EPGR demeurent massivement implantés le long des grands axes urbains, laissant des zones faiblement couvertes.
Cette structure crée deux effets pervers. D’un côté, la concentration confère aux principaux distributeurs un pouvoir de négociation face aux industriels et aux officines ; de l’autre, les EPGR supportent une charge financière lourde (stocks immobilisés, délais de paiement étendus) qui pèse sur leurs marges et fragilise leur rentabilité. Le Conseil note une baisse continue des niveaux de rentabilité des EPGR, phénomène inquiétant pour la résilience du maillon de la distribution en gros.
Autre point saillant : face à la frilosité du financement bancaire et aux exigences de trésorerie, certains grossistes jouent le rôle de « banquiers » pour les officines, acceptant d’octroyer des délais de paiement longs ou des facilités commerciales. Si cela préserve ponctuellement l’approvisionnement local, cela transfère le risque financier vers les EPGR et accentue les déséquilibres commerciaux du circuit.
Officines, une densité qui fragilise plus qu’elle ne protège
En aval, l’analyse du maillon officinal révèle une expansion spectaculaire du nombre de pharmacies : 9.185 officines en 2015 pour 14.134 en 2024, soit une hausse d’environ 54% en neuf ans. Cette croissance rapide a produit une fragmentation forte du chiffre d’affaires moyen par officine et une polarisation du tissu professionnel. Aujourd’hui, près de 70% des officines réalisent moins de 1,2 million de dirhams de chiffre d’affaires annuel... - Lire cet article
En 2024, 66 établissements assurent la distribution en gros des médicaments au Maroc. 6 grands groupes captent 84% des parts de marché.
Publié en fin de journée ce lundi 16 mars 2026, l’avis du Conseil de la concurrence sur l’état de la concurrence dans les marchés de la distribution du médicament au Maroc dresse un panorama détaillé du fonctionnement de cette chaîne stratégique et formule plusieurs recommandations visant à améliorer son efficacité et à renforcer la concurrence.
Si, dans plusieurs articles, Médias24 s’est largement penché sur la situation des pharmacies d’officine, les difficultés auxquelles elles font face, ainsi que sur la recommandation du Conseil de la concurrence relative à l’ouverture de leur capital afin d’alléger leur situation économique, un autre maillon essentiel de cette chaîne mérite également une attention particulière. C'est celui des grossistes-répartiteurs, acteurs clés de l’approvisionnement du marché pharmaceutique national.
Ces établissements assurent l’achat, la détention et la distribution en gros des médicaments vers les pharmacies d’officine et les réserves de médicaments des cliniques. Ils peuvent également exporter des médicaments, sous réserve d’obtenir l’autorisation de l’établissement pharmaceutique industriel titulaire de l’autorisation de mise sur le marché (AMM).
En 2024, le Maroc comptait 66 établissements pharmaceutiques grossistes-répartiteurs (EPGR) en activité. Ensemble, ils ont réalisé un chiffre d’affaires d’environ 16,26 milliards de dirhams (MMDH), en hausse de 11,3% par rapport à 2023, où le marché s’établissait à 14,61 MMDH.
Un marché dominé par six groupes qui captent 84% des parts de marché
Malgré la présence de ces 66 opérateurs, le secteur de la grossisterie-répartition reste fortement concentré. Selon les données du Conseil de la concurrence, six grands groupes concentrent à eux seuls plus de 60% des acteurs du marché et plus de 84% des parts de marché, tandis que le reste du secteur est constitué d’opérateurs indépendants... - Lire cet article
L’avis du Conseil de la concurrence, publié ce lundi 16 mars 2026, apporte un éclairage crucial sur les mécanismes de détermination des prix des médicaments sur le marché national.
Le rapport dévoile une structure réglementaire complexe qui encadre la tarification tout au long de la chaîne de valeur, depuis le fabricant jusqu'au patient, en passant par le grossiste et l'officine. Ce dispositif repose sur des fondements législatifs stricts et des révisions périodiques programmées tous les cinq ans.
Selon le contenu de cet avis, qui a suscité d’importants débats au sein de la profession pharmaceutique, notamment en raison de recommandations sur l'ouverture du capital des officines, le médicament au Maroc est soumis à un cadre légal spécifique. En vertu de l'article 17 de la loi n° 17.04, l’Administration fixe les prix de vente des produits, qu’ils soient fabriqués localement ou importés, selon des modalités définies par le décret n° 2.13.852 de 2013. Ce texte demeure la référence réglementaire centrale pour le calcul du Prix de Vente au Public (PVP).
Le calcul du prix final repose sur une équation précise définie à l’article 2 du décret. Le PVP est établi à partir du Prix Fabricant Hors Taxe (PFHT), auquel s'ajoutent les marges bénéficiaires réglementées des grossistes-répartiteurs et des pharmaciens, ainsi que la TVA le cas échéant. Pour un médicament princeps, le PFHT est déterminé en s'alignant sur le prix le plus bas pratiqué dans un panel de pays de référence, incluant l'Arabie Saoudite, la Belgique, l'Espagne, la France, la Turquie et le Portugal. Concernant le médicament générique, son prix est fixé à un niveau inférieur au princeps, avec une décote pouvant atteindre 50 %... - Lire cet article
Rabat – Le Conseil de la concurrence préconise une révision en profondeur du système de fixation et de rémunération des prix des médicaments au Maroc, dans le cadre d’un avis sur l’état de la concurrence dans les marchés de la distribution des médicaments.
Le dispositif en vigueur, bien qu’il ait introduit davantage de visibilité et de transparence, pèse aujourd’hui sur la viabilité des acteurs de la distribution des médicaments et sur la compétitivité de la production locale, indique le Conseil dans son avis n° A/6/25, estimant qu’une révision s’impose pour rendre le système plus équitable et mieux adapté aux réalités économiques, en prenant en considération la soutenabilité des marges, la disponibilité des médicaments et la nécessité de soutenir l’industrie nationale.
À cet effet, le conseil préconise de revoir le mode de rémunération des Etablissements Pharmaceutiques Grossistes Répartiteurs (EPGR) en instaurant un modèle hybride associant une marge proportionnelle au Prix Fabricant Hors Taxe (PFHT) et un forfait fixe par unité distribuée, garantissant ainsi une rémunération minimale indépendamment du prix du médicament tout en assurant la pérennité de ce maillon essentiel de la chaîne de distribution et la continuité de l’approvisionnement en médicaments.
En parallèle, le conseil recommande d’introduire un mode de rémunération mixte, pour les pharmacies d’officine, combinant une marge commerciale et des honoraires de dispensation permettant de valoriser l’acte pharmaceutique et de répondre aux objectifs de santé publique.
En outre, le conseil appelle à une revalorisation des marges applicables aux médicaments onéreux relevant des tranches 3 et 4 pour garantir leur disponibilité dans le circuit grossiste, sécuriser leur distribution sur tout le territoire et prévenir les distorsions concurrentielles... - Lire cet article
Le ministère de la Santé a annoncé la revalorisation du prix de EXACYL, utilisé pour traiter les saignements, après une demande du laboratoire et un avis de la commission interministérielle.
Le prix du médicament Exacyl a été revu à la hausse au Maroc, en vertu d’un arrêté du ministre de la Santé et de la protection sociale publié au Bulletin officiel du 5 mars 2026.
Selon ce texte, qui modifie un arrêté de 2014 relatif à la révision des prix de vente au public des médicaments princeps, génériques et biosimilaires commercialisés dans le Royaume, le prix public de vente de l’Exacyl 0,5 g/5 ml, solution injectable par voie intraveineuse, en boîte de cinq ampoules, passe de 44,40 DH à 98,10 DH.
Le prix hospitalier de ce même médicament a également été relevé, passant de 27,70 DH à 61,30 DH.
Cette révision tarifaire intervient à la suite d’une demande d’augmentation introduite par l’établissement pharmaceutique industriel concerné, sur proposition de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé (AMMPS), et après consultation de la commission interministérielle des prix...
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L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a décidé de retirer à titre préventif plusieurs lots de lait infantile commercialisés au Maroc. Cette décision intervient à la suite d’une alerte internationale signalant un risque potentiel lié à la présence de la substance « céréulide », produite par la bactérie Bacillus cereus.
Dans un communiqué, l’ONSSA indique avoir été informé, via les réseaux internationaux de veille sanitaire, d’un risque potentiel concernant certains lots de lait infantile. Par mesure de précaution, l’Office a procédé à la suspension et au retrait de plusieurs lots appartenant à différentes marques destinées à l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants.
Les produits concernés sont commercialisés notamment sous les marques Nursie et Aptamil, en boîtes de 400 grammes et 900 grammes.
Les lots visés portent des numéros de lot composés de huit chiffres, commençant par les années 2026 et 2027. Les consommateurs sont appelés à vérifier attentivement les références indiquées sur les emballages avant toute utilisation...
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Bayer Maroc célèbre le 20ᵉ anniversaire de son site de production de Casablanca, la seule usine du Groupe en Afrique. Cet événement marque deux décennies d’excellence industrielle et de partenariat avec le Maroc, illustrant le rôle stratégique de l’usine dans l’accès aux soins et la croissance économique régionale.
Un hub régional pour la santé
Depuis sa création en 2005, l’usine de Casablanca s’est imposée comme un hub stratégique pour les médicaments de santé familiale et les compléments alimentaires, desservant 42 pays de la région EMEA (Europe, Moyen Orient & Afrique). Avec un chiffre d’affaires annuel de 340 millions de dirhams, dont 250 millions de dirhams à l’export.
Le site joue un rôle clé dans le renforcement de la position du Maroc comme centre régional de fabrication de produits de santé. Aujourd’hui, il emploie 104 collaborateurs et bénéficie de certifications nationales et internationales telles GMP, HACCP, ONSSA, HALAL, TANZANIA GMP ainsi que EU GMP et une préparation en cours pour la certification IFS Food.
S’exprimant à l’occasion de cet anniversaire, Amina L’Kima, Directrice Générale de Bayer Maroc, a déclaré : Depuis vingt ans, notre usine de Casablanca incarne l’engagement de Bayer envers le Maroc et la région. Elle ne se limite pas à produire des médicaments : elle ouvre l’accès à des solutions de santé de qualité et contribue au développement économique local. Ce jalon illustre deux décennies d’innovation, de confiance et de partenariat. Nous regardons l’avenir avec enthousiasme, déterminés à renforcer notre rôle de hub régional grâce à la durabilité et à l’excellence.».
Des investissements pour l’avenir
Cet évènement a permis aux invités de découvrir les lignes de production avancées et les projets d’investissement à venir, notamment le triplement des capacités, l’intégration de la marque Rennie et le lancement d’une ligne de conditionnement spécifique pour le -commerce à l’international d’ici 2026... - Lire cet article
À l’occasion des 20 ans de l’usine de Bayer de Casablanca, Ahmed Mellal, directeur dudit site, est revenu sur les enjeux relatifs à l’activité industrielle de Bayer au Maroc. Plan d’investissement de grande ampleur et impact significatif sur l’emploi sont notamment au menu de cet entretien.
L’usine Bayer de Casablanca fête ses 20 ans. Pourquoi Casablanca a été choisie comme site de production ?
Casablanca s’est imposée comme un choix naturel pour Bayer grâce à sa position stratégique entre l’Afrique et l’Europe, qui permet d’accompagner efficacement nos besoins régionaux et de soutenir notre rôle de hub pour la région EMEA. Au‑delà de la géographie, le Maroc offre un environnement compétitif, infrastructures solides, talents qualifiés et coûts maîtrisés, qui a été déterminant dans la décision d’y développer une plateforme industrielle durable.
L’usine a ouvert ses portes aux professionnels de santé le mercredi 21 janvier. Que représente cette initiative pour vous, notamment en matière de transparence et de collaboration ?
C’est avant tout un signal fort de transparence et de confiance. Ouvrir nos portes, c’est permettre aux médecins et pharmaciens de voir concrètement comment nous fabriquons, et avec quels standards, des produits connus comme Supradyn, Berocca ou Laroscorbine, une démarche encore peu courante dans l’industrie pharmaceutique.
Cette journée a également permis un dialogue direct et constructif : nous avons pu écouter leurs retours, répondre à leurs questions, et partager les pratiques et technologies que Bayer met en œuvre pour renforcer la collaboration au quotidien.
Plus largement, cette initiative s’inscrit dans une logique de partenariat avec les acteurs de santé : en ouvrant nos portes, nous affirmons notre savoir‑faire industriel au Maroc et notre volonté de coconstruire l’avenir de la santé en plaçant le dialogue et la transparence au cœur de notre démarche...
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Le Conseil de la concurrence exprime ses réserves sur un projet de décret transmis par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, au Secrétariat général du gouvernement (SGG). Le texte porte sur les conditions et les modalités de fixation du prix de vente au public des médicaments fabriqués localement, ou importés. Au cœur de cette controverse, des dispositions jugées «discriminatoires» par plusieurs acteurs du secteur, indique Al Akhbar de ce mardi 24 février.
Selon le quotidien, le projet de décret prévoit l’octroi d’avantages supplémentaires aux entreprises étrangères exportant des médicaments vers le Maroc, en leur accordant une marge bénéficiaire additionnelle de 15%, contre 10% selon les dispositions réglementaires actuellement en vigueur. Cette évolution est perçue par les industriels marocains comme un signal défavorable envers la production nationale, en contradiction, de leur avis, avec les orientations stratégiques visant à encourager l’industrie locale et à renforcer la souveraineté pharmaceutique du pays.
Les professionnels de cette activité estiment que l’adoption d’un tel dispositif pourrait avoir des répercussions multiples: outre l’impact anticipé sur les finances publiques, en raison d’une sortie accrue de devises, ils redoutent un effet direct sur le pouvoir d’achat des consommateurs. L’argument avancé repose sur l’idée qu’un relèvement de la marge accordée aux importateurs se traduirait mécaniquement par une hausse des prix, alourdissant ainsi la facture supportée par les patients et les organismes d’assurance maladie. Ce projet s’inscrit dans le contexte de la révision d’un décret antérieur publié au Bulletin officiel du mois de décembre 2013, portant le n° 2-13-852, encadrant les modalités de fixation des prix des médicaments produits localement ou importés, précise Al Akhbar... - Lire cet article
Le secteur pharmaceutique marocain traverse une période de tension sans précédent. Ces dernières semaines, une série de réunions entre le Conseil de la concurrence et les représentants des pharmaciens a ravivé les inquiétudes autour d’un projet d’avis de l’autorité de la concurrence. Celui-ci recommande notamment l’ouverture du capital des pharmacies d’officine, la dérégulation des horaires et l’assouplissement du chaînage officinal. Cet avis, déjà transmis au gouvernement, devrait être rendu public début mars, a appris Le360 de source sûre.
Se dirige-t-on vers la fin du monopole des pharmaciens au Maroc? C’est en tout cas l’impression qui se dégage des échanges récents entre le Conseil de la concurrence et les représentants de la profession. Parmi les recommandations les plus controversées figure l’autorisation pour des investisseurs non pharmaciens de prendre des participations dans les officines, ce qui rappelle l’ouverture du capital des cliniques privées à des investisseurs non praticiens.
Dans son analyse présentée aux professionnels, dont Le360 détient une copie, le Conseil de la concurrence met en avant plusieurs arguments en faveur d’une telle évolution, tout en soulignant les risques potentiels et les garde-fous nécessaires pour préserver l’équilibre du système officinal. Selon le Conseil, l’ouverture du capital pourrait améliorer le service pharmaceutique à travers une meilleure continuité des services, une gestion plus rationnelle des horaires et une rotation planifiée des effectifs. Elle permettrait également de renforcer la disponibilité des médicaments grâce à la mutualisation des achats et des stocks, à l’utilisation d’outils de prévision de la demande et à une meilleure accessibilité des spécialités coûteuses, souvent difficiles à maintenir dans de petites officines. Cette réforme pourrait aussi réduire les inégalités territoriales d’accès aux médicaments en garantissant un service continu dans les zones fragiles et en instaurant des mécanismes de péréquation territoriale. Le Conseil cite en exemple le Royaume-Uni, où des réseaux structurés tels que Boots, Lloyds Pharmacy ou Well Pharmacy assurent un service continu grâce à une organisation efficace des équipes et des horaires étendus.
Le Conseil de la concurrence reconnaît toutefois que l’ouverture du capital comporte des risques économiques et structurels. Elle pourrait entraîner une concentration excessive, avec l’émergence de chaînes dominantes, des phénomènes d’intégration verticale et des conflits d’intérêts susceptibles de fragiliser les pharmacies indépendantes. Des déséquilibres territoriaux pourraient également apparaître, avec une surconcentration dans les zones urbaines et une désertification des zones rurales... - Lire cet article
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