L'Afrique parle souvent d'industrialisation, d'autonomie et d'indépendance. Les ambitions du continent sont intégrées dans les visions nationales, les cadres continentaux et les discours politiques, de Dakar à Nairobi. Ces aspirations sont réelles. Elles sont à la fois urgentes et nécessaires. Un continent de 1,4 milliard d'habitants ne peut pas dépendre indéfiniment des chaînes d'approvisionnement externes pour les médicaments, les diagnostics ou les vaccins vitaux. Le développement industriel n'est pas seulement une aspiration économique, mais un pilier de la sécurité et de la souveraineté sanitaires.
Mais l'Afrique ne peut pas s'industrialiser tant que sa stratégie sanitaire est conçue, financée et gérée depuis l'étranger. Un continent ne peut pas développer son industrie manufacturière en se basant sur les priorités étrangères. Or, c'est précisément la contradiction dans laquelle se trouvent piégés de nombreux pays africains. Plus le discours sur l'industrialisation s'intensifie, plus leur dépendance vis-à-vis des programmes de santé élaborés à l'étranger se renforce.
La santé est le principal point d'entrée pour le développement pharmaceutique et la biofabrication. Les choix d'un pays en matière de financement, de priorités, de réglementation, d'achats et d'échelle déterminent quelles industries se développent et lesquelles restent à jamais des aspirations. Mais lorsque ces choix sont façonnés dans des capitales étrangères plutôt qu'africaines, le résultat industriel est prédéterminé. Et c'est rarement l'Afrique qui en bénéficie.
C'est pourquoi le modèle de santé mondiale « America First » est désormais intégré dans les relations bilatérales, comme l'accord de coopération entre le Kenya et les États-Unis. Ces accords suscitent de profondes inquiétudes. Le cadre ne cache pas ses priorités : renforcer la production américaine, sécuriser les chaînes d'approvisionnement américaines et développer les marchés pharmaceutiques américains. Il est ouvertement conçu pour empêcher les capacités de fabrication stratégiques de s'expatrier... - Lire cet article
Les échecs les plus révélateurs dans le domaine des soins de santé modernes sont rarement spectaculaires. Ils sont discrets. Ils sont cumulatifs. Souvent, ils sont invisibles pour ceux qui ne les subissent pas directement. Dans le contexte africain, c'est exactement ainsi que se manifestent les dommages causés par les médicaments de qualité inférieure et contrefaits. Des antibiotiques dilués qui favorisent la résistance. Des antipaludiques falsifiés qui transforment des maladies traitables en décès, et des posologies incohérentes qui entraînent des doubles ou triples doses pendant le traitement du cancer, sans effet thérapeutique. Ces médicaments suscitent rarement une alerte immédiate. Au contraire, ils prolongent la maladie. Ils augmentent la mortalité. Ils épuisent les revenus des ménages et sapent discrètement les progrès en matière de santé publique, nuisant de manière disproportionnée aux communautés les plus pauvres, les moins à même de les détecter ou d'y échapper. En substance, ces échecs érodent la confiance dans les systèmes de santé.
Cette analyse s'inspire directement du blog « The Safety Gap Must Be Closed » (Il faut combler le fossé en matière de sécurité) de la professeure Henrietta Hughes, première commissaire à la sécurité des patients en Angleterre, dont les réflexions explorent comment les défaillances systémiques de conception mettent en danger les patients souffrant de déficiences sensorielles. Vous pouvez lire ce blog ici. L'une de ces défaillances réside dans la manière dont les systèmes de santé prennent en charge les personnes souffrant de déficiences sensorielles. Bien qu'elle mette en évidence les défaillances dans le contexte britannique, cette difficulté est tout aussi aiguë en Afrique qu'ailleurs. À mesure que l'Afrique progresse et que les soins de santé deviennent plus technologiques et plus complexes sur le plan administratif, on suppose de plus en plus que les patients peuvent voir, entendre, lire et naviguer facilement dans les systèmes. Pour des millions de personnes, cette hypothèse est à la fois inexacte et dangereuse.
Les patients atteints de troubles de la vue ou de l'audition sont régulièrement confrontés à des médicaments et à des dispositifs médicaux qui n'ont jamais été conçus pour eux. Les instructions sont imprimées dans des formats inaccessibles, les avertissements ne sont pas lus. Les informations essentielles sont communiquées d'une manière qui exclut ceux qui en ont le plus besoin. Dans de nombreux systèmes de santé africains, où le temps de consultation est limité et les ressources sont insuffisantes, ces lacunes sont amplifiées. Un patient incapable de lire une notice ou d'utiliser un dispositif peut avoir peu d'occasions de poser des questions. Il a encore moins de chances d'être suivi. Ce qui commence par une négligence dans la conception peut rapidement devenir un risque pour la sécurité des patients... - Lire cet article
L'Agence africaine des médicaments vient de tenir sa première réunion virtuelle avec les responsables des autorités réglementaires nationales et les coordinateurs des communautés économiques régionales, faisant ainsi passer l'agence du stade de la vision à celui de la mise en œuvre. Cet événement historique a réuni 79 responsables réglementaires de tout le continent, unis par un engagement commun à mettre en place des systèmes de réglementation des médicaments solides, fiables et harmonisés pour l'Afrique.
Des systèmes de santé résilients reposent sur une réglementation solide. Pendant des décennies, des approches réglementaires fragmentées ont ralenti l'accès à des produits médicaux sûrs et de qualité garantie, augmenté les coûts pour les patients, les gouvernements et les fabricants, et exposé les patients à des risques inutiles. La création de l'Agence africaine des médicaments est une décision collective des États membres de l'Union africaine visant à changer cette trajectoire. La première réunion continentale virtuelle des régulateurs organisée par l'agence démontre que celle-ci traduit désormais ses engagements conventionnels en actions coordonnées.
Le directeur général de l'AMA, S.E. Dr Delese Mimi Darko, a toujours souligné le rôle central des autorités réglementaires nationales en tant que bras exécutif de l'Agence. Cela est important car le succès de l'AMA ne sera pas déterminé uniquement par les cadres réglementaires, mais aussi par l'efficacité avec laquelle les institutions nationales seront habilitées, alignées et soutenues pour assurer l'excellence réglementaire sur le terrain. Cela met en évidence une approche typiquement africaine, qui valorise le partenariat, le partage des responsabilités et les résultats concrets... - Lire cet article
Alors que l'Afrique s'efforce d'atteindre la souveraineté pharmaceutique et une sécurité sanitaire renforcée, la question n'est plus de savoir si des normes réglementaires élevées sont réalisables. Il s'agit plutôt de déterminer si elles peuvent être maintenues et étendues au service de la sécurité des patients.
L'Afrique aborde l'année 2026 confrontée à un ensemble de réalités familières mais de plus en plus intolérables. Des chaînes d'approvisionnement fragiles mises à mal par des urgences sanitaires successives, des pénuries persistantes de médicaments essentiels, une qualité inégale sur les marchés et une forte prévalence de médicaments de qualité inférieure et contrefaits, et surtout, une prise de conscience croissante que la souveraineté pharmaceutique est indissociable de la sécurité des patients. Dans ce contexte, la maturité réglementaire n'est plus une aspiration institutionnelle abstraite. Elle est devenue un facteur déterminant de premier plan pour que les patients africains reçoivent des médicaments sûrs, efficaces et disponibles lorsqu'ils en ont besoin. Dans ce contexte, la déclaration de l'Autorité de contrôle des médicaments du Zimbabwe selon laquelle elle a atteint le niveau de maturité 4 de l'Organisation mondiale de la santé n'est pas une étape symbolique, mais le signe d'un changement plus profond en cours sur le continent.
La maturité réglementaire n'est plus une aspiration institutionnelle abstraite, mais un facteur déterminant de premier plan pour que les patients africains puissent bénéficier de médicaments sûrs et efficaces.
L'évaluation de la MCAZ ne repose pas sur des discours, mais sur la pratique réglementaire quotidienne. Sur la base d'auto-évaluations internes alignées sur son objectif stratégique pour 2025, l'Autorité a déterminé qu'elle opère désormais au niveau de maturité 4, et une évaluation prochaine de l'OMS devrait confirmer ce statut. Le niveau de maturité réglementaire 4 de l'OMS signifie qu'une autorité de réglementation des médicaments opère à un niveau avancé, comparable au niveau international, et protège de manière cohérente la sécurité des patients grâce à des systèmes réglementaires solides, scientifiquement fondés et fiables. Il est essentiel de noter que cette affirmation repose sur des preuves issues de la prise de décision, de la surveillance et de l'application quotidiennes, plutôt que sur des réformes isolées ou des performances ponctuelles. L'accent mis sur la pratique durable plutôt que sur la conformité performative reflète ce que la maturité réglementaire doit signifier pour l'Afrique à l'heure actuelle. Des systèmes qui fonctionnent de manière fiable sous pression et protègent les patients de manière cohérente, et pas seulement lorsque la surveillance est la plus stricte... - Lire cet article
Les médicaments contrefaits révèlent une fracture sociale que la réglementation seule ne peut combler. Ces derniers mois, des mesures coercitives radicales prises au Nigeria et au Kenya ont mis la question des médicaments contrefaits sous les feux de l'actualité, révélant des tensions bien plus profondes que la simple violation de la loi. Les autorités de réglementation des deux pays ont pris des mesures énergiques pour confisquer les produits nocifs et fermer les commerces illégaux au nom de la sécurité publique, mais les commerçants ont riposté, affirmant que les produits qu'ils vendent ne sont pas contrefaits, mais simplement périmés, non enregistrés ou provenant de sources informelles.
Ce conflit a révélé un fossé profond entre les définitions officielles et les réalités vécues sur les marchés ouverts, où les médicaments font partie du commerce quotidien, des moyens de subsistance et des croyances en matière de santé et de survie. Loin d'opérer uniquement dans l'ombre, les médicaments contrefaits persistent au grand jour, soutenus par des malentendus, des pressions économiques et des notions controversées de nocivité. C'est cet écart de perception, tout autant que la faiblesse des mesures coercitives, qui explique pourquoi les médicaments contrefaits continuent de circuler malgré des années de répression et d'avertissements publics.
Sur de nombreux marchés ouverts, le commerce des médicaments contrefaits n'est pas simplement une activité criminelle opérant dans l'ombre ; il est intimement lié au commerce quotidien, aux moyens de subsistance et aux croyances en matière de santé et de survie. Lorsque les autorités réglementaires interviennent pour saisir des produits, les réactions du public révèlent souvent un fossé frappant entre les définitions officielles de la contrefaçon et la façon dont les commerçants et les consommateurs eux-mêmes appréhendent la question. Cet écart de perception est au cœur de la raison pour laquelle les médicaments contrefaits continuent de circuler malgré des années de mesures coercitives et d'avertissements publics.
Pour de nombreux commerçants, la vente de médicaments n'est pas considérée comme une tromperie, mais comme une réponse à la demande dans des environnements où l'accès aux pharmacies agréées est limité, les prix sont élevés et la confiance dans les systèmes officiels est fragile. Les commerçants peuvent insister sur le fait que ce qu'ils vendent est « la même chose », mais à un prix inférieur, ou affirmer que les produits périmés ou mal conservés ne sont pas vraiment contrefaits s'ils proviennent d'une source légitime. Certains croient sincèrement que les effets visibles, tels que le soulagement des symptômes, prouvent l'authenticité du produit. D'autres reconnaissent les différences de qualité, mais les considèrent comme un compromis acceptable dans un contexte où les clients privilégient l'accessibilité financière et l'immédiateté plutôt que des garanties qui leur semblent abstraites ou lointaines.
Cet état d'esprit reflète une réalité sociale plus large dans laquelle la contrefaçon est moins considérée comme une menace pour la santé que comme une solution économique. Les médicaments deviennent des marchandises comme les autres, appréciées principalement pour leur disponibilité et leur prix plutôt que pour leur qualité vérifiée. Dans un tel contexte, le concept de risque invisible, tel que la réduction de la puissance, la contamination ou la présence d'ingrédients incorrects, peine à rivaliser avec la pression visible de la survie quotidienne. Lorsque les régulateurs décrivent ces produits comme dangereux, les commerçants peuvent interpréter ce message comme une attaque contre leurs moyens de subsistance plutôt que comme un avertissement sur les dangers, ce qui renforce la méfiance et la résistance... - Lire cet article
La préqualification en novembre 2025 par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) d’une formulation de la primaquine destinée à traiter le paludisme chez les nouveau-nés pourrait apporter d’importants changements positifs dans la lutte contre cette maladie en Afrique subsaharienne.
Le colonel Aïssata Koné, présidente du Programme national de lutte contre le paludisme au Mali affirme par exemple que « la primaquine pour bébés va entrainer une véritable révolution dans l’arsenal thérapeutique pour les enfants dans les régions avec présence des plasmodiums vivax et ovale ».
Notamment « en assurant une prise en charge efficace des enfants dans l’atteinte des objectifs de réduction de la morbidité et de la mortalité néonatale et infantile », précise-t-elle dans un entretien qu’elle a accordé à SciDev.Net.
A l’en croire, « l’absence de primaquine adaptée aux bébés était une faille dans la prise en charge du paludisme chez les enfants qui constituent une cible très vulnérable au paludisme ».
Pour sa part, Romaric Nzoumbou-Boko, responsable du laboratoire de parasitologie à l’Institut Pasteur de Bangui en République centrafricaine, trouve que cette primaquine pour enfants « sera une approche de plus qui permettra de diminuer le gap de la transmission résiduelle ».
Le Rapport mondial sur le paludisme 2024 indique qu’en 2023, environ 263 millions de nouveaux cas de paludisme ont été signalés dans 83 pays à travers le monde, avec 597 000 décès au total, dont 246 millions de cas et 569 000 décès en Afrique.
Plus de 76 % de ces décès sur le continent concernant des enfants de moins de cinq ans. D’où la nécessité de disposer de formulations pédiatriques fiables de médicaments antipaludiques.
Selon un communiqué de presse de Medecines for Malria Venture (MMV), cette formulation de la Primaquine pour enfants a été développée en association avec la firme pharmaceutique indienne Fosun Pharma dans le cadre du Partenariat pour l’élimination du Vivax (PAVE) et grâce au financement d’Unitaid, une organisation internationale d’achat de médicaments.
Contacté par SciDev.Net, Fosun Pharma, à travers son service de presse, rappelle que la primaquine est depuis longtemps recommandée par l’OMS pour une utilisation chez les enfants, de sorte qu’aucun essai clinique supplémentaire n’a été nécessaire.
« Le problème, poursuit-il, était que, jusqu’à présent, il n’existait aucune formulation pédiatrique dont la qualité était garantie. Les professionnels de santé devaient donc souvent couper les comprimés pelliculés en deux, une pratique déconseillée, et composer avec le goût amer du médicament, ce qui rendait le traitement difficile à accepter pour de nombreux enfants »... - Lire cet article
Une réalité silencieuse qui pèse lourd
Longtemps considérés comme un problème exclusif des pays occidentaux, les risques psychosociaux (RPS) s’imposent aujourd’hui comme une préoccupation majeure sur le continent africain. Derrière les chiffres de croissance économique se cache une réalité préoccupante : stress chronique, burn-out, violence au travail, harcèlement...
Ces maux touchent désormais massivement les travailleurs africains, avec des conséquences dramatiques tant sur le plan humain qu’économique.
L’ampleur du problème : des chiffres alarmants. L’ampleur du problème : des chiffres alarmants
La situation de la santé mentale en Afrique révèle une crise profonde. La dépression touche environ 26,9% de la population en Afrique subsaharienne, un taux significativement plus élevé que la moyenne mondiale de 10 à 20%.
L’Afrique du Sud offre un aperçu inquiétant de cette réalité : selon le rapport Mental State of the World 2022, le pays détient le triste record du taux le plus élevé de population en détresse psychologique au monde, avec 35,8% de ses habitants confrontés à des problèmes de santé mentale. Par ailleurs, 25,7% des Sud-Africains souffrent de dépression, avec un taux de suicide parmi les plus élevés mondialement (23,5 pour 100 000 habitants).
Un système de soins dramatiquement insuffisant
Les ressources dédiées à la santé mentale en Afrique sont dérisoires. Le continent ne dispose que de 1,4 professionnel de santé mentale pour 100 000 habitants, contre une moyenne mondiale de 9 pour 100 000. Dans certains pays, on ne compte que 0,1 psychiatre pour 100 000 personnes.
Le budget alloué est tout aussi révélateur : les gouvernements africains ne consacrent en moyenne que 0,90 dollar par personne à la santé mentale, quand les pays développés investissent plusieurs centaines de dollars par habitant. Cette sous-allocation budgétaire laisse 98,8% des personnes nécessitant des soins, sans accès au traitement... - Lire cet article
Présente aux côtés des initiateurs lors du lancement du programme élargi Healthy Heart Africa (HHA) à Guédiawaye, Mme Adélaïde Ehouman, directrice nationale pour l’Afrique francophone chez AstraZeneca, a une nouvelle fois incarné l’engagement constant de la firme pharmaceutique dans la lutte contre les maladies non transmissibles. Figure respectée du paysage pharmaceutique africain, elle s’impose comme l’un des visages du leadership féminin engagé au service des populations.
Fidèle à sa réputation et à l’ADN d’AstraZeneca, Mme Adélaïde Ehouman a pris part au lancement officiel de la phase élargie du programme Healthy Heart Africa (HHA) au Sénégal, un événement qui a réuni les principales parties prenantes du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, d’AstraZeneca, de PATH, ainsi que des responsables nationaux et régionaux de la santé, des spécialistes médicaux, des agents de santé communautaires et des représentants de patients.
Sa présence à Guédiawaye n’était pas fortuite. Elle s’inscrit dans une démarche de proximité et de partenariat durable avec les acteurs publics et privés engagés dans la lutte contre les maladies non transmissibles, un combat que la dirigeante mène avec constance depuis plusieurs années sur le continent.
Un leadership féminin salué et inspirant
Décrite par ses pairs comme un exemple accompli de leadership féminin, Mme Ehouman se distingue par son engagement, sa compétence et sa résilience. Des qualités qu’elle met quotidiennement au service de la santé des populations africaines. Directrice pays FSA–AstraZeneca, elle incarne une vision moderne du management, fondée sur l’impact social, la rigueur scientifique et la collaboration avec les systèmes de santé nationaux.
À Guédiawaye, elle a réitéré l’engagement d’AstraZeneca à accompagner les professionnels de la santé, les sociétés savantes et le ministère de la Santé, afin d’identifier et de mettre en œuvre des réponses adaptées aux défis sanitaires en Afrique. « La santé publique exige des solutions concertées, durables et fondées sur la science », a-t-elle rappelé en substance.
Un engagement fort contre les maladies non transmissibles
Mme Ehouman-Aidara a assuré qu’AstraZeneca mettra pleinement à profit la puissance de sa recherche scientifique pour proposer des traitements innovants et révolutionnaires contre des pathologies majeures telles que l’hypertension artérielle, le diabète et les maladies rénales chroniques... - Lire cet article
Dans les centres de santé aux Comores, à l’île Maurice, aux Seychelles, à Cabo Verde, à Madagascar, en Guinée-Bissau et à São Tomé-et-Príncipe — collectivement connus sous le nom de Petits États insulaires en développement (PEID) d’Afrique — l’accès aux médicaments essentiels commence à s’améliorer.
Ce changement discret mais profond vient de recevoir une reconnaissance mondiale. Cette semaine, au siège des Nations Unies à New York, les PEID africains ont reçu le Prix du Partenariat des PEID des Nations Unies 2025 dans la catégorie économique pour leur initiative pionnière d’achat groupé, un partenariat ambitieux soutenu par l’OMS qui transforme l’accès aux médicaments essentiels dans ces îles.
« Ce prix reflète la détermination des PEID africains à transformer des défis de longue date en opportunités collectives. Grâce à l’achat groupé, les PEID africains élargissent l’accès à des médicaments abordables et de qualité, prouvant que la solidarité régionale peut faire progresser la santé pour tous », a déclaré le Dr Mohamed Janabi, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique.
Pour les communautés vivant sur de petites îles, où les systèmes de santé sont confrontés à des défis liés à la distance, aux coûts de transport élevés et au poids de négociation limité, ce prix représente bien plus qu’une étape institutionnelle. Il reflète une amélioration concrète de la vie quotidienne.
Le mécanisme d’achat groupé — le seul opérationnel dans la Région africaine de l’OMS — unit six PEID africains et Madagascar pour négocier et acheter des médicaments essentiels en tant que bloc unique. En consolidant la demande, ces pays ont acquis un pouvoir de marché auparavant inaccessible aux petites économies insulaires.
Le jury des Nations Unies a salué l’initiative comme « un partenariat africain pionnier démontrant un impact économique mesurable, une gouvernance solide et une solidarité régionale transformatrice ».
Depuis son lancement, le mécanisme d’achat groupé a produit des résultats majeurs et vérifiés de manière indépendante. Le premier appel d’offres international devrait réduire les prix à l’usine de 56 % en moyenne sur 47 formulations de médicaments essentiels, avec des économies individuelles allant de 3 % à 94 %. Les pays constatent déjà des gains financiers directs, notamment 26 % d’économies aux Seychelles et 13 % à Maurice sur les premières commandes... - Lire cet article
La start-up nigériane créée en 2020 par Samuel Okwuada et Victor Benjamin est l’une des entreprises qui progresse le plus vite sur le continent. À l’occasion du deuxième épisode de la saison 2 de notre série vidéo « Disrupt », dédiée à ceux qui révolutionnent la tech africaine, Jeune Afrique vous emmène à Lagos pour découvrir la pépite qui bouleverse la chaîne de valeur pharmaceutique.
« La vente de médicaments en plein air en Afrique ne devrait pas exister. […] Nous vendons aussi des médicaments mais nous le faisons de façon plus moderne, en respectant les façons dont ils doivent être manipulés et vendus. » C’est une révolution silencieuse à laquelle s’attellent chaque jour Samuel Okwuada et Victor Benjamin : « nettoyer » la chaîne de valeur pharmaceutique au Nigeria, en s’assurant de l’origine des médicaments, de leur conservation, de leur transport et de leur disponibilité pour un maximum de patients. Une tâche herculéenne dans un pays immense, qui fait face à d’importants défis logistiques.
Au travers d’une application mobile, Remedial Health met en lien fabricants et professionnels de santé, en garantissant la traçabilité des produits. Un remède à l’un des fléaux du continent, où près d’un quart des médicaments serait contrefait, provoquant des centaines de milliers de décès par an.
Une trajectoire d’exception
Détecté très tôt par Jeune Afrique (ils étaient parmi notre liste des 20 Futurs Champions de la Tech en 2023), Remedial Health a si bien réussi que la compagnie a été sacrée troisième entreprise d’Afrique avec la plus forte croissance en 2025. En effet, selon le Financial Times, la start-up est passée de 190 000 dollars de chiffre d’affaires en 2020 à 16,3 millions de dollars (+ 838 %) en 2023, tout en passant de 6 à près de 300 employés sur la même période... - Lire cet article
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