La Tunisie compte 40 usines de production de médicaments pour usage humain, capables de couvrir environ 80 % des besoins du marché en termes de quantités et 60 % en termes de valeur, a annoncé ce lundi 9 février 2026 Tarek Hammami, Président de la Chambre Nationale de l’Industrie Pharmaceutique (CNIP).
Lors de son intervention sur Express Fm, il a précisé que 63 % des médicaments circulant en Tunisie sont des génériques, et que ces derniers représentent 80 % des médicaments disponibles dans les hôpitaux publics. Cette forte proportion illustre le rôle central des génériques dans le système de santé tunisien, tout en contribuant à maîtriser les coûts pour les patients et l’État.
Vers la production de vaccins en Tunisie
Tarek Hammami a également évoqué la récente visite du ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, en Algérie, visant à renforcer la coopération sanitaire et pharmaceutique entre les deux pays. Selon lui, des rencontres bilatérales sont prévues après le mois de Ramadan en Tunisie pour consolider ces initiatives et transformer les échanges en projets concrets et stratégiques... - Lire cet article
La présidente du Conseil national de l’Ordre des médecins de Tunisie (Cnom), la professeure Rym Ghachem, est intervenue sur les ondes de Diwan FM, samedi 7 février 2026, pour alerter sur une situation jugée préoccupante : la disparition du marché tunisien d’un médicament essentiel dans la prise en charge des enfants atteints de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Cette pénurie soulève des inquiétudes profondes quant à l’avenir médical, scolaire et social des enfants concernés.
Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental reconnu, caractérisé par des difficultés persistantes d’attention, une hyperactivité et une impulsivité excessives, qui entravent significativement le fonctionnement quotidien de l’enfant, notamment dans le cadre scolaire. En Tunisie, les structures éducatives ne disposent pas de programmes pédagogiques spécifiquement adaptés à ces profils, ce qui rend la prise en charge thérapeutique d’autant plus déterminante.
Selon Pr Ghachem, l’introduction de traitements médicamenteux spécifiques contre le TDAH, il y a environ cinq ans, a marqué un tournant majeur dans la vie de nombreux enfants. Ces médicaments ont permis une amélioration notable des capacités de concentration, de régulation du comportement et d’intégration scolaire. Pour des enfants naturellement plus actifs et plus distraits que leurs pairs, ce traitement ne constitue pas un simple soutien ponctuel, mais un levier fondamental d’égalité des chances dans le parcours éducatif.
Elle a souligné, dans ce contexte, un point crucial d’ordre médical : le traitement du TDAH repose sur une administration régulière et durable. Il ne s’agit pas d’un médicament que l’on peut prescrire puis interrompre sans conséquences. L’alternance entre des phases de prise et des phases de privation du traitement peut induire des fluctuations comportementales importantes, générer une instabilité psychologique et compromettre les progrès acquis, tant sur le plan cognitif que relationnel... - Lire cet article
Le Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT) a souligné, dans un communiqué publié ce samedi, que le lait infantile commercialisé dans les pharmacies emprunte obligatoirement les circuits légaux et officiels soumis au contrôle, ce qui confirme sa sécurité et sa qualité.
« Suite aux informations relayées concernant le retrait de certains lots de lait pour nourrissons dans plusieurs pays, et après le communiqué publié par le distributeur officiel de l’une des marques en Tunisie, qui a démenti tout lien entre ces lots et les produits disponibles dans les pharmacies tunisiennes, le SPOT réaffirme que tous les produits pharmaceutiques sont placés sous le contrôle direct du ministère de la Santé », indique le communiqué.
Le SPOT précise que tout produit pharmaceutique, y compris le lait infantile, les compléments alimentaires et les dispositifs médicaux, est soumis aux procédures d’autorisation et à un contrôle préalable et à posteriori par l’Agence du médicament et des produits de santé et ce, conformément à la législation en vigueur.
En revanche, le syndicat a renouvelé sa mise en garde contre l’achat de lait infantile, de compléments alimentaires, de dispositifs médicaux ou de médicaments vétérinaires via les circuits parallèles ou à travers les réseaux sociaux non soumis au contrôle, en raison des risques graves que ces pratiques font peser sur la santé des nourrissons et des consommateurs, en l’absence de toute garantie quant à la qualité, la sécurité ou les conditions de stockage et de distribution.
Par ailleurs, le syndicat affirme que les pharmacies demeurent la seule structure entièrement soumise au contrôle à toutes les étapes de la distribution et opérant sous la supervision directe du ministère de la Santé, garantissant ainsi la sécurité et la qualité des produits de santé, dans un souci de protection de la santé publique et de préservation des droits des citoyens. - Lire cet article
La crise récurrente des médicaments en Tunisie ne peut être résolue sans une réforme structurelle et courageuse de l’ensemble du système pharmaceutique. C’est le message central porté par Hichem Boughanmi, membre de la Fédération générale de la Santé, lors de son intervention, dimanche 18 janvier 2026, sur les ondes de Diwan FM.
Selon lui, la gestion actuelle du secteur repose sur des approches « non scientifiques et non planifiées », en l’absence d’une vision globale fondée sur des données fiables. « Avons-nous une étude précise des besoins du marché tunisien en matière de médicaments ? Avons-nous une cartographie des maladies par région et une estimation réelle des besoins des Tunisiens ? », s’est-il interrogé, déplorant l’absence de toute planification stratégique.
Absence de visibilité et échec de la digitalisation
Hichem Boughanmi a également pointé du doigt le manque de transparence dans l’utilisation des fonds publics injectés dans le secteur. « L’État continue d’injecter de l’argent, mais nous ne savons pas où vont nos médicaments », a-t-il affirmé, évoquant l’absence de traçabilité et de contrôle des circuits de distribution.
Dans ce contexte, il a regretté l’échec du projet de digitalisation, notamment celui de la carte électronique de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), qui devait permettre le passage à la prescription médicale électronique et une connexion directe entre la CNAM et les pharmacies privées. « Nous avons perdu de l’argent dans un projet qui aurait pu constituer une première étape vers une véritable digitalisation et nous aider à anticiper les crises », a-t-il souligné... - Lire cet article
Le secteur pharmaceutique traverse l’une des crises les plus graves de son histoire. Molka El Moudir, vice-présidente du Syndicat des pharmaciens d’officine (SPOT), alerte sur un « effet domino » qui paralyse toute la chaîne de santé et appelle à des réformes structurelles immédiates pour éviter l’effondrement du système.
Chaque jour, près de 500 000 Tunisiens franchissent le seuil d’une pharmacie. Au comptoir, la scène est devenue familière : tension, incompréhension, parfois détresse. « Le comptoir est désormais un lieu de crispation permanente », confie-t-elle. En première ligne, les pharmaciens se transforment en « amortisseurs d’un système à bout de souffle ».
La loi de substitution, conçue pour pallier les ruptures, révèle aujourd’hui ses limites. « Elle autorise le remplacement par un générique, mais avec l’accord du patient ou du médecin », rappelle-t-elle. Or, faute de pédagogie publique, beaucoup ignorent ce qu’est un générique et refusent par crainte de bouleverser leur traitement. Les pharmaciens se replient alors sur des méthodes artisanales : appels entre confrères, recherches d’officine en officine. « Nous faisons un véritable travail social, avec fierté, mais dans un climat épuisant. »
Des pénuries qui touchent le vital
La rupture ne concerne plus des produits secondaires, mais des médicaments vitaux : traitements des maladies thyroïdiennes, troubles psychiatriques, hyperactivité chez l’enfant. Leur interruption, même brève, peut entraîner des risques immédiats... - Lire cet article
La communauté pharmaceutique et médicale tunisienne vient de perdre l’une de ses figures les plus respectées. Amor Toumi, pharmacien, enseignant, ancien directeur au Ministère de la Santé et expert international, s’est éteint après une carrière exemplaire consacrée à la rigueur scientifique, à l’intégrité professionnelle et au service de la santé publique.
Un pilier de la pharmacie tunisienne
Pharmacien de formation et spécialiste en pharmacologie, Amor Toumi a marqué de son empreinte la réglementation pharmaceutique en Tunisie. Pendant près de quatre décennies, il a contribué à structurer les politiques du médicament et à former plusieurs générations de pharmaciens.
Au Ministère de la Santé publique, il a occupé des postes de haute responsabilité, notamment:
• Directeur de la Pharmacie et du Médicament (DPM)
• Directeur du Laboratoire National de Contrôle des Médicaments
À ces postes stratégiques, il a joué un rôle central dans la gestion du marché pharmaceutique, dans la surveillance de la qualité des médicaments, et dans la mise en place de normes et procédures encore en vigueur aujourd’hui... - Lire cet article
Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT) a réagi, jeudi 11 décembre 2025, à l’escalade de la crise entre la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam) et le Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (Spot), à l’origine de la suspension du système du tiers payant depuis le lundi 8 décembre.
Ce qui n’était au départ qu’un différend financier entre pharmaciens et Cnam s’est transformé en crise structurelle : l’Ordre des pharmaciens avertit que la souveraineté médicamenteuse du pays est désormais en jeu.
Une situation aux répercussions directes sur les patients
Dans son communiqué, le CNOPT exprime son « profond regret » face à la suspension du tiers payant, soulignant ses effets immédiats sur l’accès aux soins, en particulier pour les patients aux revenus limités.
L’Ordre dit comprendre la décision du syndicat, estimant que les pharmaciens ont été « contraints » de suspendre le dispositif en raison de l’accumulation, depuis plusieurs mois, de créances impayées par la Cnam. Ces retards, note-t-il, ont provoqué « une crise financière suffocante » pour les officines privées et déséquilibré toute la chaîne du médicament.
Un risque direct sur la souveraineté médicamenteuse
Le CNOPT met en garde contre la poursuite de cette situation, évoquant des « conséquences graves » susceptibles de menacer la souveraineté médicamenteuse. Selon lui, c’est l’ensemble du circuit de distribution du médicament qui se retrouve fragilisé : des pharmacies privées aux répartiteurs, jusqu’à la Pharmacie centrale tunisienne et aux fabricants locaux.
Face à l’urgence, l’ordre annonce avoir adressé une correspondance à la cheffe du gouvernement, appelant à une intervention rapide. Il demande notamment : ... - Lire cet article
Face à la suspension unilatérale du système du tiers payant par le Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (Spot), la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam) a annoncé, dans un communiqué diffusé mercredi 10 décembre 2025, une mesure exceptionnelle permettant aux assurés sociaux de se faire rembourser les frais de médicaments avancés dans les pharmacies privées.
Une mesure exceptionnelle pour pallier la suspension du tiers payant
Dans ce communiqué, le directeur général adjoint de la Cnam, Faisal Chaâar, précise :
« Suite à la décision unilatérale émanant du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées, concernant la suspension du système du tiers payant à partir du 8 décembre 2025, la Cnam a décidé, à titre exceptionnel, de permettre aux assurés sociaux enregistrés dans le régime de soins privé de se faire rembourser les dépenses liées aux médicaments acquis dans les officines privées depuis la date mentionnée. »
Le communiqué ajoute que les assurés sociaux qui n’ont pas pu obtenir leurs médicaments via le tiers payant devront soumettre un formulaire de remboursement, dûment complété par le patient et le pharmacien, accompagné de la prescription médicale, de la facture et des étiquettes des médicaments concernés.
Crise de trésorerie et tensions persistantes avec les pharmaciens
Cette initiative de la Cnam constitue une mesure de rafistolage visant à pallier l’absence de tiers payant, alors que les négociations entre le Spot et la Cnam ont échoué. La décision du syndicat de suspendre le tiers payant avait été annoncée initialement mercredi 3 décembre 2025, puis confirmée dans un communiqué publié le lundi 8 décembre 2025, qui expliquait et justifiait la suspension...
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Les pharmacies privées appliquent dès ce lundi 8 décembre 2025 la décision du Syndicat Tunisien des Propriétaires de Pharmacies Privées (STPPT) de suspendre la délivrance des médicaments via le système du tiers payant pour les affiliés de la CNAM.
Le syndicat justifie cette mesure par l’accumulation des dettes de la CNAM envers les pharmacies, l’absence de cadre juridique clair et l’urgence de sauver une chaîne de distribution des médicaments au bord de l’effondrement. Il réclame notamment un règlement rapide des créances, des réformes réglementaires et un financement exceptionnel pour la CNAM dans la Loi de Finances 2026.
Malgré des négociations toujours en cours, les pharmaciens dénoncent l’absence de garanties officielles permettant d’assurer la continuité de la relation contractuelle. Ils alertent sur une crise « sans précédent », aggravée par l’impasse avec les grossistes répartiteurs et les difficultés croissantes du secteur bancaire.
Selon le syndicat, toute la filière -de l’industrie locale à la Pharmacie Centrale, en passant par les distributeurs- est fragilisée. Plusieurs pharmacies, notamment dans les régions intérieures, seraient désormais incapables de fournir les médicaments en raison de pressions financières étouffantes, menaçant ainsi l’accès aux soins de milliers de citoyens... - Lire cet article
D'après le classement African Exponent, le marché pharmaceutique tunisien est classé 9ème en Afrique en 2025. Il bénéficie de la proximité de l'Europe, qui facilite l'accès aux technologies, aux partenariats techniques et aux certifications conformes aux normes internationales.
Pour un pays, disposer d'un marché pharmaceutique compétitif ne se limite pas à garantir un approvisionnement fiable en médicaments. Il représente surtout un levier de souveraineté sanitaire, d'indépendance économique et d'excellence industrielle.
En Afrique, l'ensemble du marché pharmaceutique était estimé à environ 27,65 milliards de dollars en 2024, selon Grand View Research.
Les projections indiquent que ce marché pourrait atteindre près de 37 milliards de dollars d'ici 2033, porté par l'augmentation des maladies infectieuses et non transmissibles, l'urbanisation, l'allongement de l'espérance de vie et la demande croissante de traitements essentiels.
Pour évaluer le degré de compétitivité des marchés pharmaceutiques africains, African Exponent vient de publier un classement des " Top 10 des industries pharmaceutiques africaines les plus compétitives ", fondé sur des données industrielles, économiques et d'exportation de 2024‑2025, issues notamment des bases de données CEIC Data, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Banque mondiale... - Lire cet article
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