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Réunions DPM - LEEM

Réunion DPM - LEEM Afrique subsaharienne francophone du 25 mars 2021

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Julie Assedo
Chargée des opérations internationales

Bonjour à toutes et à tous,
Je souhaite tout d'abord, au nom du Leem, remercier tous les intervenants qui ont contribué à la réunion du 25 mars dernier. Nous remercions également les 120 participants qui ont suivi cette réunion.

Nous avons, au cours de cette session virtuelle, échangé autour de trois thématiques centrales : le cadre réglementaire relatif à l'accession aux vaccins (procédure EUL et les autorisations temporaires), le sujet de l'harmonisation des règlementations, avec notamment la gestion des échantillons et les procédures de « reliance » et enfin, nous avons abordé la problématique de la lutte contre les médicaments falsifiés, l'importance de la formation de l'ensemble des parties prenantes impliquées, et de la communication entre autorités et institutions internationales (Interpol).

Vous trouverez, ci-dessous, un compte-rendu complet de cette réunion, ainsi que les présentations qui nous ont été transmises.


Compte-rendu et vidéos des intervenants

Dr Eric Baseilhac, Directeur international du Leem

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Cette réunion reste imprégnée des conséquences de la crise du Covid-19. Je garde à l'esprit les propos récents de la Directrice régionale de l'OMS, Dr Moeti, qui rapportait notamment que l'Afrique subsaharienne n'a pas enregistré des taux d'infection au Covid-19 aussi importants que d'autres régions (le nombre de décès lié à la maladie est équivalent à celui de l'Italie), en partie grâce à une forte réactivité des Etats dans la prise de décisions et la mise en place de mesures drastiques de limitation des déplacements. Lire la suite

Malgré tout, les conséquences économiques et sociales sont très lourdes, notamment pour les pays les plus vulnérables. Une enquête de la Banque mondiale menée en janvier 2021 fait part d'un impact très important de cette crise notamment sur les moyens de subsistance et d'une inquiétude en termes de sécurité alimentaire (enquête Banque mondiale janv 2021).

L'initiative COVAX qui vise à mettre à disposition 200 millions de doses de vaccins est un élément essentiel de la politique vaccinale, et un rappel sur l'importance de la notion d'universalité d'accès aux médicaments à laquelle nous sommes très attachés. En ce début du mois de mars, l'OMS a officiellement confirmé le démarrage du premier cycle d'allocation de vaccins, et le démarrage de campagnes de vaccination au Ghana et en Côte d'Ivoire.

Son déploiement et sa réussite impliquent la coordination de nombreux acteurs de santé, à la fois sur le plan régional et national, et nous serons ravis d'avoir les retours d'expérience des autorités de coordination régionales au niveau de l'OCEAC et de l'UEMOA, de l'OMS, et le directeur général de l'agence du Médicament de Cote d'Ivoire sur ce sujet.

Par ailleurs, et nous l'avons vu depuis un an, la crise nous a poussé à profondément repenser nos modes de fonctionnement, de travail. L'essor des technologies numériques permet aujourd'hui la mise en place de nouveaux dispositifs, sécurisés, permettant notamment l'homologation et le suivi des produits de santé, et nous serons ravis d'écouter le Directeur de la Pharmacie du Sénégal sur ce sujet. Il s'agit là d'une réflexion partagée avec l'ensemble des acteurs de notre industrie, qui y voient une opportunité pour accélérer la mise à disposition des produits de santé aux populations, comme nous en feront part les collègues de l'association internationale l'IFPMA.

Enfin, un troisième sujet sera évoqué : celui des médicaments falsifiés. La récente publication d'Interpol en Afrique du sud nous rappelle l'importance de ce sujet : 2400 doses de faux vaccins saisies (lien vers l'article ici) : les trafics illicites continuent de prospérer et mettent en danger les efforts de répression de la pandémie. Les témoignages de la Directrice de la Pharmacie du Niger et d'Interpol nous permettront de mieux prendre la mesure des défis qui se posent à nous pour sécuriser le marché et trouver des solutions efficaces.


Julie Assedo, chargée des opérations internationales du Leem

Nous souhaiterions remercier l'ensemble des Directions de la Pharmacie et du Médicament et des Autorités de Régulation pharmaceutiques qui nous ont permis de développer la plateforme Leem Afrique, lancée en février dernier. C'est grâce à votre soutien et votre coopération dans le partage et la mise à disposition d'informations que nous les publions chaque jour sur ce site.

Dr Carmelle Hounnou, Cellule pour l'harmonisation de la Réglementation et la Coopération Pharmaceutiques - UEMOA

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Mon intervention sera axée sur l'espace UEMOA entre le COVID et l'harmonisation.
Concernant la gestion du COVID-19, dès le mois de janvier 2020, les états membres de l'UEMOA ont pris des initiatives visant à renforcer la mobilisation et la riposte contre la maladie.

La direction a participé à différents cadres de concertation avec les collègues de l'OOAS, avec des échanges quasi-hebdomadaires sur les questions de surveillance de la maladie et des questions d'épidémiologie, et avec différents partenaires pour discuter des questions liées à l'accès aux tests diagnostiques. Lire la suite

Une réunion avec les ministres de la santé a été organisée en mai 2020 et a permis de faire un point sur les différentes mesures à mettre en place pour accompagner les Etats. Nous avons ainsi débloqué des ressources pour accompagner les Etats et élaboré un plan régional de prévention de de lutte contre les Epidémies et un protocole pour la réouverture des frontières.

Grâce à l'appui du Système Ouest-Africain d'Accréditation (SOAC), structure mis en place par la Commission de l'UEMOA, nous avons pu également renforcer les capacités des personnels des laboratoires privés et publics de biologie médicale à raison de 30 personnes par pays.

Après la réouverture des frontières, nous avons cependant constaté une disparité sur les dispositions sanitaires de dépistage et de mise en oeuvre des tests COVID. Les chefs d'Etat ont donc approuvé un certain nombre de dispositions en vue de l'harmonisation des coûts des tests COVID sur les 8 états membres, des délais de validité des tests ainsi que leur reconnaissance dans les différents Etats membres. Ils ont également acté un appui financier aux stratégies de vaccination des Etats membres.

Concernant l'harmonisation des règlementations Pharmaceutique, au cours de l'année 2020, nous avons travaillé sur un plan régional de renforcement de la surveillance du marché et de la lutte contre les faux médicaments. C'est une problématique qui perdure depuis un certain nombre d'années, et nous souhaitions renforcer l'appui que nous apportons aux Etats membres dans ce domaine.

Nous avons également élaboré un projet de test pour harmoniser un certain nombre de dispositions relatives à la surveillance dans les Etats membres de l'UEMOA.

Nous avons mobilisé des ressources pour former des experts pendant 15 jours à l'évaluation des vaccins et des produits biologiques. Nous avons également renforcé les capacités de 32 experts des ANRP sur la mise en place de système de management de la qualité autour des fonctions « homologation » et « inspection » pharmaceutiques.

Nous avons également effectué des évaluations conjointes, et un certain nombre de dossiers a été conjointement évalué en visioconférence.

Au cours de cette année, nous avons également fait adopter la nouvelle version du règlement relatif aux procédures d'homologation des produits pharmaceutiques à usage humain dans les Etats membres de l'UEMOA. L'ancien règlement 06, qui datait de 2010, a été abrogé, et depuis le 28 septembre 2020, c'est une nouvelle version de ce document qui est en vigueur. Il a pour objectif de renforcer un certain nombre de dispositions, de permettre l'utilisation du nouveau format CTD qui a été harmonisé sur l'espace CEDEAO, de revoir les variations (une nouvelle initiative est en cours pour harmoniser aussi cette annexe).

Nous avons également pu faire adopter un projet relatif au statut des autorités de réglementations pharmaceutiques. Un délai de 2 ans est accordé aux autorités de règlementation pour devenir une agence ou autorité autonome. Grace à ce document nous avons un outil de plaidoyer fort. A l'heure actuelle, on a 3 ANRP sur 8 qui ont déjà vu leur statut évolué.

D'autres perspectives sont en cours : nous allons renforcer les modalités pour l'octroi des autorisations spéciales d'importations. Avec le Covid-19, nous avons pris conscience des difficultés réglementaires liées aux situations d'urgence. Les pays ont eu des difficultés pour gérer les questions règlementaires liées à l'autorisation des vaccins. Nous avons une activité prévue sur ce sujet pour harmoniser et faciliter les interventions des Etats membres.

Au cours de l'année, nous renforcerons aussi les capacités des Etats sur les questions d'évaluation des vaccins et les plans de gestion des risques. Des appuis directs à certains pays pour renforcer leurs systèmes d'homologation sont également prévus.


Dr Aimé Djitafoh Fah, Coordinateur du programme sous-régional PSR-HPPN - CEMAC/OCEAC

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Au mois de mars 2020, nous avons organisé nos premières réunions ministérielles qui nous ont permis de gérer la crise tout au long de l'année. Cependant, la vague de décembre 2020 a changé la donne et nous avons ainsi démarré les travaux autour de la vaccination avec les ministres de la santé dès janvier 2021. Lire la suite

La réunion ministérielle avait pour objectif d'obtenir un consensus concernant la vaccination, et il a été demandé à un groupe d'experts de formuler une recommandation concernant un vaccin pour la sous-région. Une démarche d'acquisition groupée a été évoquée, avec la nécessité d'une mobilisation sous-régionale concernant le coût d'achat de ces vaccins. Le cadre règlementaire d'acquisition (homologation, autorisation temporaire d'utilisation…) est également sujet à réflexion.

A ce jour, certains pays ont démarré la vaccination, et la plupart des pays de la sous-région ont déjà sécurisé des doses. Malheureusement, certains pays ont pris du recul suite au signalement de certains effets indésirables.

Ce qui nous intéresse aujourd'hui est surtout la mise en place d'un mécanisme de surveillance des effets indésirables. Nous nous appuyons actuellement sur les guidelines AVAREF et OMS sur ce sujet.

La crise sanitaire a mis en exergue la fragilité des systèmes de santé, et la nécessité de renforcer l'environnement règlementaire. Le document sur les variations proposé est en train d'être mis en oeuvre, mais le niveau d'application est partagé entre les Etats.

Nous accélérons le plan de surveillance du marché. Nous avons détecté des lots de faux vaccins anti-covid. En ce qui concerne l'évaluation des vaccins, nous comptons suivre les guidelines AVAREF.

Les revues conjointes des dossiers ont avancé, ainsi que la poursuite de la loi-type de l'UA pour la mise en place d'agences du médicament qui avance également.


Dr Elisabeth Pluut, Direction Accès aux médicaments et produits de santé, OMS

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La procédure EUL a été mise en place à partir de 2015 pendant les flambées d'Ebola en Afrique de l'Est, elle permet à répondre aux demandes de vaccins en urgence. Le système de pré-qualification, quant à lui, date de 1987.

Le dispositif EUL vise à évaluer la qualité, la sécurité et l'efficacité des données disponibles issues des essais cliniques. La surveillance post-déploiement est également inclue dans le dispositif, des recommandations sont effectuées et vont influencer les conditions d'utilisation qui seront proposées dans les pays. Lire la suite

Pour le COVID, un groupe d'évaluation global a été mis en place, comprenant des experts de l'OMS, ainsi que des représentants des autorités règlementaires des pays (50 représentants au total). Des réunions avec les producteurs sont également organisées, des guides leurs sont proposés concernant le packaging du produit (QR codes, étiquetage) ainsi qu'un manuel de préparation sur la sécurité du vaccin est créé pour les professionnels de santé…

Pour faciliter l'accès aux dossiers, l'OMS propose une plateforme sécurisée mise à disposition aux autorités de santé des différents pays, pour y avoir accès, il suffit de remplir une attestation de confidentialité. 4 vaccins sont actuellement recommandés par l'OMS, qui fournit via cette plateforme les dossiers complets et l'évaluation réalisée.

Tous les vaccins distribués via COVAX doivent avoir reçu soit une autorisation par une autorité réglementaire reconnue, ou bien avoir été validés par le process EUL.


Dr Assane Coulibaly, Directeur Général de l'Agence Ivoirienne de Régulation Pharmaceutique

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Aucun pays n'a eu le temps d'homologuer les vaccins, ni tenir des sessions de revue conjointe pour pouvoir aboutir à l'homologation régionale en urgence. Il était nécessaire de procéder à la voie rapide. Le 4 juin 2020, le lancement de la Garantie de Marché a été essentiel pour l'accès aux outils de lutte contre la Covid-19 (ACT : Access to COVID 10 Tools).
Cette initiative a permis le lancement de COVAX, 92 pays ont adhéré à ce mécanisme.

Nous devions disposer d'une voie réglementaire permettant l'autorisation rapide des vaccins disponibles. Le système de préqualification de l'OMS n'a pas été activé pour les vaccins contre la Covid, et le seul mécanisme règlementaire proposé était l'EUL.

L'AIRP a dû mettre en place une commission technique spécialisée pour l'approbation d'urgence des vaccins. La commission se réunit sur la demande de l'AIRP. Lire la suite

La Commission a effectué la vérification des statuts règlementaires des candidats vaccins (inscription ou non sur la liste d'utilisation d'urgence de l'OMS, et l'approbation par l'Agence européenne du Médicament ou la USFDA). La commission a eu accès à la plateforme de l'OMS, ce qui a permis de pouvoir consulter les documents relatifs à chaque vaccin (notamment, les informations techniques, le résumé des caractéristiques du produit, les recommandations du groupe stratégique d'experts de l'OMS, le rapport public du groupe consultatif technique pour la liste des utilisations d'urgence, le rapport d'évaluation des autorités EMA ou USFDA…).

L'octroi des EULs s'est faite sur l'approbation de la commission avec un dossier distinct pour chaque vaccin (Comirnaty, Moderna, AstraZeneca), d'autres vaccins seront prochainement à l'étude (J&J, Sinopharm, Sputnik V…).

L'opinion publique ivoirienne a été rassurée de voir que les choix d'administration des autorisations ont été fait par une commission d'experts et en accord avec les recommandations OMS.

Téléchargez la présentation : « Processus d'autorisation d'utilisation d'urgence des vaccins contre la covid-19 en Côte d'Ivoire »


Pierre Savart, Consultant pour les affaires internationales du Leem

Il y a dans les zones UEMOA et OCEAC des produits, tels que le Spoutnik V russe et le vaccin chinois : qu'en est-il du référencement par l'OMS de ces produits déjà cooptés par ces régions ?

Dr Diadié Maiga, Responsable technique régulation des vaccins, OMS Afro

L'autorisation d'urgence EUL est une évaluation pour recommander aux autorités des produits qui peuvent être utilisés en situation d'urgence, ce n'est pas une homologation. Elle se base sur le principe de reliance qui est le fait de prendre en considération les évaluations réalisées par des autorités ou agences compétences.
Concernant les délais, nous faisons un contrôle pour nous assurer des plus brefs délais entre la signature du formulaire de confidentialité évoqué plus haut et la mise en oeuvre de la procédure nationale. Lire la suite

Faisant suite à la recommandation EUL, si le pays souhaite recevoir plus de renseignements sur la manière dont l'évaluation a été menée, la plateforme AVAREF met à disposition des autorités des sessions d'explications, et permet aux autorités de poser des questions, notamment aux évaluateurs du continent africain qui ont pris part aux études (17 évaluateurs sur le continent) qui participent à ces réunions.

C'est un point important notamment car les autorités doivent ensuite rendre compte à la population des décisions qui ont été prises, comme le Directeur Général de l'AIRP l'a évoqué.

Dr Carmelle Hounnou, Cellule pour l'harmonisation de la Réglementation et la Coopération Pharmaceutiques - UEMOA

Nous, on fait le parallèle entre la procédure EUL et les autorisations temporaires. Ce sont des produits qui sont techniquement autorisés mais non enregistrés. Il faut cependant que les pays réalisent une veille réglementaire au fur et à mesure que les informations de l'OMS sont publiées, pour que les produits soient préqualifiés et qu'il soit possible d'en faire l'homologation effective.

A l'UEMOA, c'est la troisième année consécutive que nous procédons à des évaluations conjointes et depuis le COVID, nous continuons par vidéoconférence. Cependant, l'information globale ne descend cependant pas toujours de manière très efficace, et nous ne sommes pas toujours au courant de ces sessions explicatives concernant les vaccins EUL. Il serait intéressant dans la mesure du possible d'organiser une réunion d'information avec tous les réglementaires des pays membres de l'UEMOA concernant les produits qui sont passés par la procédure EUL de l'OMS.

Dr Aimé Djitafoh Fah, Coordinateur du programme sous-régional PSR-HPPN- CEMAC/OCEAC

Je souhaiterais également préciser que nous réfléchissons également à la procédure d'évaluation conjointe. Nous serons également très heureux de participer à la prochaine session d'information.

Pr Yerim Diop, Directeur de la Pharmacie et du Médicament du Sénégal

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Le Sénégal est allé très vite sur la vaccination, avec notamment Sinopharm. Nous avons également étudié les documents reçus de l'OMS sur les utilisations d'urgence. Notre challenge est la surveillance vaccinale, notamment car nous allons déployer plusieurs vaccins, et nous n'avons pas prouvé scientifiquement que ces vaccins sont interchangeables.
Je souhaiterais partager avec vous le projet MOOWOOR, qui signifie en wolof « sur et fiable ». C'est un concept qui consiste à avoir des médicaments sûrs pour une population en bonne santé. Lire la suite

Il s'agit de revoir l'écosystème des soins dans le pays, en tenant compte de la puissance de calcul des outils informatiques.
Cette réforme tourne autour du médicament, la régulation (par la donnée), la chaîne d'approvisionnement (économie numérique), et les patients.

Il s'agit d'un rempart pharmaceutique numérique qui met à l'abri la santé du patient. Mettre les bons médicaments, les bonnes structures et les bons praticiens derrière ce rempart, dont les objectifs sont de maîtriser les coûts de santé publique, sécuriser les soins et protéger les populations par la digitalisation de l'écosystème du médicament.

La plateforme INASANI est accessible par des QR codes. Ceux-ci permettront

  • d'authentifier les produits de santé (sérialisation des médicaments) ;
  • certifier les structures (pharmacies, grossistes, hôpitaux, cliniques) ;
  • identifier les acteurs (inscrit à l'ordre, diplômé, …) ;
  • La standardisation des procédures de pilotage et des normes règlementaires.

Des applications seront disponibles sur les téléphones mobiles.

On responsabilise le patient, qui sera mieux informé. Le patient pourra géolocaliser toutes les structures, et nous aurons un module de télépharmacovigilance. Dans la perspective de partager avec d'autres pays, il sera possible d'identifier les médecins de plusieurs régions ou pays.

Pour les directeurs d'Agence, nous aurons des tableaux de bord très complets : quel laboratoire a déposé un dossier, nous pourrons connaître l'utilisation des produits de santé dans le pays, suivre les stocks.

Pour chaque étape, nous effectuons des études pilotes. Cela demandera du temps à se mettre en place, certains modules seront disponibles dans 6 mois mais d'autres demanderont plus de temps.


Mme Isabelle Colmagne-Poulard, IFPMA

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Tout d'abord, je souhaiterais revenir sur une enquête réalisée par l'IFPMA durant la pandémie de Covid-19. Effectivement, la pandémie a impacté les systèmes de santé, notamment au niveau des procédures d'import-export, les activités de maintenance règlementaire des produits enregistrés et de PV, ainsi que vis-à-vis des nouvelles AMM et études cliniques.
Cependant, nous avons assisté à l'émergence de nouvelles agilités réglementaires, dont certaines pourraient être maintenues au-delà de la pandémie.

Entre mai et juillet 2020, 29 pays ont répondu à un questionnaire visant les procédures réglementaires. Les résultats montrent que 70% des produits importés ont été retardés. Par ailleurs, les procédures de renouvellement d'AMM arrêtées ou retardées, les procédures de renouvellement de certificat BPF retardées. On constate également des retards d'approvisionnement d'échantillons, et des problèmes liés à la légalisation de documents et des reports d'inspections (avant la mise en place d'inspections virtuelles). Lire la suite

Les grandes tendances relevées dans les conclusions de l'enquête sont :

  • La digitalisation (utilisation de plateforme électronique de soumission, l'utilisation de signatures électroniques pour faciliter l'acceptation des CPP électroniques, l'organisation de réunions virtuelles) ;
  • Des flexibilités administratives (utilisation de prototypes de conditionnements au lieu d'échantillons physiques, inspections virtuelles si possible…) ;
  • Des procédures réglementaires allégées (prise en compte des avis d'autres autorités étendues aux variations (principe de « reliance »), approbations accélérées, renouvellement automatiques…).

La coopération règlementaire peut se faire de plusieurs manières différences : on trouve les collaborations régionales, les procédures d'urgences ou de préqualification de l'OMS, ou bien plus concrètement la reliance.

Concernant les échantillons, nous avons réalisé une enquête : 8490 unités sont envoyées chaque années, 35 autorités exigent des échantillons, dont 17 pour les contrôles qualité. L'impact du contrôle qualité est significatif sur les délais d'examen, et d'enregistrement. Les échantillons représentent une contrainte sur le process de fabrication, notamment pour ajuster les capacités de production (notamment pour les variations, dont les lots ne sont pas encore commercialisés, et on doit prendre entre 60 et 180 jours pour produire lesdits échantillons). Également, on a des contraintes de distribution pour l'envoi des vaccins, notamment pour le respect de la chaîne de froid. Dernière contrainte : les méthodes d'analyse, notamment des produits biologiques.

Pistes de réflexions concernant l'échantillonnage :

  • Adopter une approche fondée sur le risque pourrait favoriser un système proportionné (identification, dosage uniquement), qui ne concernerait pas les variations mineures. C'est le cas notamment au Ghana, au Nigeria ou au Maroc ;
  • Un système de reconnaissance des certificats d'analyse délivrés par les autorités de santé de référence ou du certificat BPF ;
  • Pour des produits qui seraient susceptibles de falsification, des contrôles qualité de façon aléatoire en surveillance post-commercialisation seraient efficaces (plus près du patient).

Téléchargez la présentation : « Agilités Réglementaires observées lors de la pandémie Covid 19 Retour et propositions des adhérents »


Dr Barira Dan Nouhou, Directrice de la Pharmacie et du Médicament du Niger

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Je souhaitais parler de la lutte contre les médicaments falsifiés. Le Tissu industriel dans le domaine pharmaceutique est très peu développé et nous importons 99% des médicaments au Niger. Notre pays partage nos frontières terrestres avec 7 pays voisins. L'évaluation que nous avons réalisée ici montre que le marché illicite est animé par des personnes non habilitées (vendeurs ambulants, etc), des structures non habilitées (dépôts anarchiques), mais aussi par l'implication de structures légalement installées (officines privées, centrales d'achat…).

Nous n'avons pas évalué formellement ce marché car le nombre d'intervenants rend cette étude complexe.

Depuis l'arrêté du 2 septembre 2013, plusieurs actions ont été engagées par le Niger. Nous avons participé à l'appel de Cotonou, l'appel de Niamey, et plus récemment à l'initiative de Lomé en 2020. Nous avons également entamé l'élaboration d'un plan stratégique d'approvisionnement, qui comprenait notamment l'amélioration de la gouvernance et du leadership de l'autorité de règlementation pharmaceutique, la mise à jour du cadre législatif et réglementaire, et la mise en place d'un système efficient d'assurance qualité, et d'un mécanisme de lutte contre le trafic illicite. Lire la suite

Nous nous étions aussi rendu compte que, dans l'ancienne législation, les sanctions n'étaient pas assez dissuasives, elles allaient d'1 à 6 mois d'emprisonnement, et de 100 mille à 500 mille francs d'amendes.

Nous avons créé un plan de formation comprenant plusieurs modules (procédures d'homologation, procédures d'importations, ampleur du trafic…). En 2019, nous avons réalisé 6 sessions de formations (110 participants), et en 2020 deux sessions (comprenant 480 participants).

Ces formations étaient notamment destinées :

Aux douanes, A la Police sanitaire, Ministère de la Justice, Ministère de la santé y compris au niveau régional et district, Centrales pharmaceutiques, Officines privées mais aussi l'Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) créé par décret en 2015.

L'OCRTIS est chargé de coordonner les opérations tendant à la répression du trafic illicite des stupéfiants et coopérer avec les services centraux correspondants des autres pays du monde, et centraliser les renseignements pouvant faciliter la recherche, la prévention et la répression du trafic illicite des drogues, des précurseurs et de la contrefaçon des médicaments.

Il comprend 7 unités frontalières (regroupant toutes les unités opérationnelles de la police), 9 antennes départementales, 8 antennes régionales et le siège central à Niamey.

Le Focus était de présenter les principales règles d'accès au marché, les règles de circulation des produits pharmaceutique dans le pays, les dispositifs médicaux et le formulaire d'autorisation d'importation.

Résultats :

  • L'ensemble des acteurs formés participent au système du contrôle à l'importation : vérification documentaire et même pour la vérification des produits importés ;
  • Mise en place d'un mécanisme d'échange entre les parties prenantes et la direction de la pharmacie (échanges WhatsApp, échanges téléphoniques) ;
  • Un mécanisme systématique de vérification de la circulation interne des produits pharmaceutiques en plus des postes frontaliers (bus de transport, véhicule de transport en commun, particulier) ;
  • Un nombre de saisies records au niveau de l'OCRTIS et de la Douane.

Téléchargez la présentation : « Implication des parties prenantes non pharmaceutiques dans la lutte contre les médicaments de qualité inférieure et falsifiés »


M. Thierry Tuina, Officier de Renseignement Criminel, Sous-direction Contrefaçon de Produits Médicaux et Crime Pharmaceutique, INTERPOL

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Interpol apporte son soutien aux 194 pays membres pour les aider à appréhender ce phénomène, à travers le renforcement des capacités par exemple. Nous proposons ainsi de nombreuses formations, en ligne ou en présentiel, dont les pays peuvent bénéficier. Nous faisons aussi un certain nombre d'enquêtes liées à des cas transnationaux.

Lorsque la pandémie a commencé, nous avons adapté notre opération PANGEA, en mettant l'accent sur les produits liés au COVID-19. Dans sa treizième édition (PANGEA XIII) nous avons constaté l'augmentation des médicaments antiviraux, de chloroquine, de masques faciaux et de produits désinfectants. 37 000 dispositifs ont ainsi été saisis. Lire la suite

Nous avons, à la faveur de cette crise sanitaire, publié une brochure à l'attention des forces d'application de la loi des pays, afin de travailler ensemble sur ces enquêtes, de donner accès à notre base de données criminelle, et donner des conseils sur les modalités de travail en temps de COVID.

Nous avons lancé une action internationale de recherche de cas liés au COVID. Cela nous a permis de collecter les données d'une centaine de pays, et avons constaté une augmentation nette de saisies en matière de chloroquine falsifiés et des dispositifs médicaux.

Nous avons aussi lancé une action contre les faux vaccins, nous savions que les organisations criminelles allaient profiter de cette situation, et souhaitions prévenir les dérives dans ce domaine. Nous avons donc publié une alerte, pour prévenir les états membres sur les dangers liés à des modes opératoires. La notice orange avertit ainsi des menaces présentes, et dans la même perspective, l'opération OVI (opération contre les faux vaccins) est en cours actuellement.

J'invite les pays membres à partager avec nous les informations qu'ils ont afin que nous puissions avancer ensemble. Cette opération a permis, avec l'aide de l'Afrique du Sud et de la Chine, de démanteler un réseau. 2400 doses ont été saisies, 4 personnes interpellées, 80 suspects ont été appréhendés, et nous avons fermé des unités de production.

Nous travaillons avec l'OMS, la Banque mondiale, sur l'initiative COVAX pour les protéger de possibles détournements et trafics.

Des initiatives régionales sont également en cours, telles que l'initiative Heera qui a été mise en place à Bamako en 2017, et qui consiste en un réseau d'échanges entre les différents acteurs opérationnels (policiers gendarmes) et institutionnels (structures de régulation, mais aussi pharmaciens…). Nous avons pu opérer un grand nombre de saisies et de destructions grâce à ce réseau.

Enfin, nous menons une opération spécifique liée au trafic de Tramadol. Au Bénin, Cameroun, Ghana, Nigéria, Togo, Inde et Pakistan notamment. Nous avons saisi trois containeurs au Nigéria en provenance du Pakistan, 2 personnes ont été arrêtées en janvier dans le cadre de trafic de codéine.

Téléchargez la présentation : « Initiatives développées par INTERPOL pour lutter contre les médicaments falsifiés en Afrique »


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