La crise récurrente des médicaments en Tunisie ne peut être résolue sans une réforme structurelle et courageuse de l’ensemble du système pharmaceutique. C’est le message central porté par Hichem Boughanmi, membre de la Fédération générale de la Santé, lors de son intervention, dimanche 18 janvier 2026, sur les ondes de Diwan FM.
Selon lui, la gestion actuelle du secteur repose sur des approches « non scientifiques et non planifiées », en l’absence d’une vision globale fondée sur des données fiables. « Avons-nous une étude précise des besoins du marché tunisien en matière de médicaments ? Avons-nous une cartographie des maladies par région et une estimation réelle des besoins des Tunisiens ? », s’est-il interrogé, déplorant l’absence de toute planification stratégique.
Absence de visibilité et échec de la digitalisation
Hichem Boughanmi a également pointé du doigt le manque de transparence dans l’utilisation des fonds publics injectés dans le secteur. « L’État continue d’injecter de l’argent, mais nous ne savons pas où vont nos médicaments », a-t-il affirmé, évoquant l’absence de traçabilité et de contrôle des circuits de distribution.
Dans ce contexte, il a regretté l’échec du projet de digitalisation, notamment celui de la carte électronique de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), qui devait permettre le passage à la prescription médicale électronique et une connexion directe entre la CNAM et les pharmacies privées. « Nous avons perdu de l’argent dans un projet qui aurait pu constituer une première étape vers une véritable digitalisation et nous aider à anticiper les crises », a-t-il souligné... - Lire cet article
Le Forum d’affaires algéro-indien dans le secteur pharmaceutique, réuni, à Alger, ce jeudi 15 janvier 2026, a été l’occasion de montrer les progrès réalisés par l’Algérie dans le domaine de l’industrie pharmaceutique dotée depuis 2020 d’un ministère dédié, indice parmi d’autres que ce secteur figure parmi les priorités nationales stratégiques, comme l’a rappelé la directrice de la promotion et du soutien aux échanges économiques au ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Sihem Nafaâ.
Autre indice : le taux de couverture des besoins nationaux en médicaments produits localement a été porté à plus de 80%, a souligné Sihem Nafaâ. Enfin, « l’Algérie est aujourd’hui devenue un pôle pharmaceutique africain incontestable, avec plus de 240 usines pharmaceutiques en activité, sur les 640 que compte le continent, sans compter les projets en cours de réalisation », a-t-elle précisé.
Pour rappel, en novembre dernier, dans un enregistrement diffusé à l’ouverture de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments et autres technologies de santé, tenu au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal (Alger), le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait affirmé que l’Algérie était un modèle à suivre aux niveaux africain et mondial dans le domaine de l’industrie pharmaceutique, après avoir réussi à couvrir plus de 80% de ses besoins en médicaments par la production locale... - Lire cet article
Alors que la Guinée renforce sa lutte contre le marché illicite des produits de santé, la parole des experts devient indispensable pour éclairer les populations. Entre risques d’insuffisance rénale, complications gastriques et déviances sociales, les médicaments de la rue représentent un défi sanitaire majeur.
Le Dr Jean-Noël Tolno, pharmacien engagé, revient pour nous sur les dangers de ces substances, salue les réformes actuelles portées par le Ministre de la Santé, le Dr Oumar Diouhé Bah, et rappelle le rôle central du professionnel de santé dans la chaîne du médicament.
Guineenews : Docteur, selon votre expertise, quel est le constat actuel concernant la problématique des faux médicaments et leur impact sur la santé publique ?
Dr Jean-Noël Tolno : Aujourd’hui, je dirais sans détour que les faux médicaments constituent un véritable fléau. Le problème majeur réside dans le fait que des produits destinés à soigner sont manipulés par des non-professionnels et sont à la portée de tous sans aucun contrôle.
Cette utilisation abusive, notamment des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) vendus sur le marché illicite, provoque des ravages. Nous observons une recrudescence d’insuffisances rénales graves et d’ulcères gastro-duodénaux. Le drame, c’est que les vendeurs de rue ignorent les enjeux et sont incapables d’apporter le conseil thérapeutique nécessaire. Le constat est simple et brutal : le médicament de la rue tue.
Guineenews : Face à cette situation, les autorités guinéennes ont pris des mesures fermes. Quel regard portez-vous sur ces initiatives ?
Dr Jean-Noël Tolno : Je salue avec force l’initiative et l’engagement des nouvelles autorités, particulièrement celle du ministre, Son Excellence Oumar Diouhé Bah. C’est une décision noble et courageuse. L’objectif est de protéger la population et de réduire drastiquement l’influence du marché illicite.
Il faut être lucide : la Guinée a longtemps peiné à maîtriser les flux d’entrée et de sortie des médicaments. Souvent, nous entamons des luttes qui s’essoufflent avec le temps. Cette fois, l’élan semble différent et je soutiens pleinement cette rigueur. Pour un pays comme le nôtre, la maîtrise du secteur pharmaceutique est une question de souveraineté sanitaire.
Guineenews : On apprend que les structures de proximité, comme les postes et centres de santé, sont désormais dotées de pharmacies tenues par des professionnels. Confirmez-vous cette avancée ? ... - Lire cet article
Le secteur pharmaceutique traverse l’une des crises les plus graves de son histoire. Molka El Moudir, vice-présidente du Syndicat des pharmaciens d’officine (SPOT), alerte sur un « effet domino » qui paralyse toute la chaîne de santé et appelle à des réformes structurelles immédiates pour éviter l’effondrement du système.
Chaque jour, près de 500 000 Tunisiens franchissent le seuil d’une pharmacie. Au comptoir, la scène est devenue familière : tension, incompréhension, parfois détresse. « Le comptoir est désormais un lieu de crispation permanente », confie-t-elle. En première ligne, les pharmaciens se transforment en « amortisseurs d’un système à bout de souffle ».
La loi de substitution, conçue pour pallier les ruptures, révèle aujourd’hui ses limites. « Elle autorise le remplacement par un générique, mais avec l’accord du patient ou du médecin », rappelle-t-elle. Or, faute de pédagogie publique, beaucoup ignorent ce qu’est un générique et refusent par crainte de bouleverser leur traitement. Les pharmaciens se replient alors sur des méthodes artisanales : appels entre confrères, recherches d’officine en officine. « Nous faisons un véritable travail social, avec fierté, mais dans un climat épuisant. »
Des pénuries qui touchent le vital
La rupture ne concerne plus des produits secondaires, mais des médicaments vitaux : traitements des maladies thyroïdiennes, troubles psychiatriques, hyperactivité chez l’enfant. Leur interruption, même brève, peut entraîner des risques immédiats... - Lire cet article
Par le renforcement de sa coopération avec l’Inde dans le secteur de l’industrie pharmaceutique, l’Algérie vise, notamment, le transfert technologique et la fabrication de la matière première, pour réduire substantiellement la facture des importations.
L’Algérie et l’Inde tracent la voie pour un partenariat solide et prometteur dans le développement de l’industrie pharmaceutique, avec pour objectif d’approvisionner les marchés régionaux, notamment l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe. Ce partenariat, basé sur le transfert technologique et la production de la matière première, est bien parti pour être une référence dans ce secteur, comme l’ont mis en avant les participants au forum algéro-indien sur l’industrie pharmaceutique qui s’est tenue jeudi à Alger. Avec la participation d’une délégation de 100 membres, représentant 65 entreprises du Conseil indien de promotion des exportations pharmaceutiques (Pharmexcil), ce forum a constitué un événement majeur et une étape décisive dans le renforcement de la coopération bilatérale, avec un intérêt particulier porté au secteur pharmaceutique, en plein essor dans les deux pays.
« Cet événement a réuni deux acteurs majeurs de l’industrie pharmaceutique, d’un côté l’Inde, comme pôle mondial du secteur, et de l’autre côté, l’Algérie ,comme un hub pharmaceutique à l’échelle africaine », a affirmé Younès Bouarara, conseiller du ministre de l’Industrie pharmaceutique, dans une déclaration à la presse. L’objectif de ce forum est, a-t-il ajouté, de « créer des joint-ventures dans le développement de l’industrie pharmaceutique, notamment dans certain créneaux stratégiques, tels que la fabrication de la matière première, qui représente un levier essentiel pour la réduction réelle de la facture de l’importation »... - Lire cet article
Le Lenalidomide coûte cher. La boîte de 10 mg de ce médicament contre le cancer du sang revient à 61 000 francs CFA, et elle peut parfois grimper à 100 000. Ce niveau de prix élevé s’explique par la rareté du produit sur le marché. «Nous ne l’avons même pas dans nos bases de données», confesse un pharmacien interrogé par Wal fadjri, qui s’est intéressé au sujet dans son édition de ce jeudi.
Un gérant d’officine établie à Dakar-Plateau acquiesce : «Rares sont les pharmaciens qui le vendent. […] C’est un médicament qui est souvent commandé spécialement à l’extérieur. Parfois, ce sont les médecins qui le ramènent lors des voyages et le revendent même à leurs patients.»
Le problème principal est que le Lenalidomide « fait partie de cette classe de médicaments qui ne sont pas homologués au Sénégal », renseigne Dr Mamadou Sow, le chef du service chargé de l’homologation des médicaments, vaccins et autres produits de santé au niveau de l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP), contacté par Wal fadjri.
Cet anticancéreux ne fait donc pas l’objet d’une Autorisation de mise sur le marché (AMM), préalable à sa commercialisation au Sénégal. Malgré tout, les médecins continuent de le prescrire. « Cela crée des difficultés dans certaines pharmacies, regrette Dr Sow. Nous avons une base de données et également la liste des médicaments essentiels. C’est aux prescripteurs de faire l’effort de consulter les produits qui sont homologués avant de les prescrire. » ... - Lire cet article
Médecin, pharmacien et dirigeant de Teranga Pharma, le Dr Mouhamadou Sow est à l’origine de Drepaf, un médicament générique contre la drépanocytose produit localement à Dakar. Son ambition dépasse la seule innovation thérapeutique : il vise à renforcer la souveraineté pharmaceutique africaine et à rendre les traitements essentiels accessibles à tous.
Dans un entrepôt de Teranga Pharma, en périphérie de Dakar, des cartons de Drepaf s’empilent, prêts à être distribués dans les pharmacies sénégalaises. À côté, le Dr Mouhamadou Sow, directeur général de l’entreprise, raconte le chemin parcouru pour en arriver là : produire localement un médicament qui était jusqu’ici presque absent du continent africain.
Une vie consacrée à la santé publique
Pharmacien de formation, le Dr Sow a consacré sa carrière à la santé publique et à l’industrie pharmaceutique sénégalaise. Avant Teranga Pharma, il a suivi un parcours académique rigoureux qui l’a mené à se spécialiser dans la formulation de médicaments génériques adaptés aux besoins locaux. À la tête d’un laboratoire détenu majoritairement par des pharmaciens, médecins et investisseurs sénégalais, il défend une vision claire : une souveraineté pharmaceutique africaine qui passe par la production locale de médicaments essentiels.
La drépanocytose — une maladie génétique du sang qui provoque des douleurs sévères, des complications multiples et une mortalité élevée chez les enfants — est l’une des priorités de sa démarche. Sans traitement adapté, plus de la moitié des patients meurent avant l’âge de 10 ans, et 10 % de la population sénégalaise est porteuse du gène de la maladie.
« Le produit peut être utilisé à partir de neuf mois, ce qui permettra aux enfants de ne pas avoir de crise, de ne pas souffrir de douleurs et d’aller à l’école, leur donnant les mêmes chances de réussite que ceux qui n’ont pas la maladie », déclarait le Dr Sow à l’annonce du lancement de Drepaf, générique de l’hydroxyurée, en novembre 2025.
Cette formulation locale du médicament, homologuée en avril 2025 après un partenariat entre Teranga Pharma, l’ONG Drep.Afrique et un fabricant indien, marque une étape majeure pour l’Afrique. Sorti en version pédiatrique (100 mg) et adulte (500 mg), Drepaf se distingue par un prix accessible — environ 1 500 FCFA (environ 2,3 €) par mois pour les plus jeunes — soit deux fois moins cher que le traitement original importé... - Lire cet article
A l’issue d’une assemblée générale organisée, ce jeudi 15 janvier, M. Nadir Abderrahim directeur général de IMC Industries Médico-chirurgicales est élu président de l’Union Nationale des Opérateurs de la pharmacies UNOP après avoir occupé le poste de trésorier.
Diplômé d'un DESS de gestion à l'école des hautes études commerciales (HEC) de Montréal (Canada), Nadir Abderrahim a intégré très jeune l’entreprise familiale IMC où il a participé activement à son essor, après avoir occupé plusieurs postes, et devenir le directeur général depuis 2005 à ce jour.
L’élection d’un nouveau président ouvre une nouvelle phase stratégique pour l’UNOP, dans un contexte de réformes réglementaires, d’ambitions industrielles renforcées et de repositionnement du secteur pharmaceutique algérien à l’international... - Lire cet article
La réforme déterminante pour l’avenir du médicament en Algérie dépend indéniablement du niveau de maturité de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui est aujourd’hui au cœur de l’agenda des autorités sanitaires.
Pour l’Algérie, viser le ML3 s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer la souveraineté sanitaire, de moderniser la gouvernance du médicament et de consolider la crédibilité du système réglementaire à l’échelle internationale.
Le projet piloté par l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), avec l’accompagnement technique de l’OMS est normalement imminent selon certains responsables au ministère de l’industrie pharmaceutique bien que la démarche implique l’ensemble de l’écosystème : administrations concernées, industriels, laboratoires, professionnels de santé, importateurs et distributeurs.
Pour atteindre cet objectif, plusieurs conditions doivent être mises au point.
Les choses semblent s’accélérer avec la révision de certains textes réglementaires régissant les établissements pharmaceutiques , exigence pour les bonnes pratiques de fabrication, les bonnes pratiques de distribution et la sérialisation des médicaments….
L’Algérie serait en passe de décrocher ce sésame ? - Lire cet article
Alors que la deuxième liste de produits subventionnés, dans le cadre du Price Stabilisation Fund – doté de Rs 2 milliards pour l’exercice 2025/26 – ayant pour but de soutenir le pouvoir d’achat des ménages face à la hausse continue des prix – devait entrer en vigueur ce jeudi 15 janvier, le ministère du Commerce et de la protection des consommateurs annonce quelques ajustements.
Pour revenir à cette deuxième liste finalisée en décembre dernier, elle inclut le poisson en conserve – maquereaux et pilchards – les couches pour adultes ainsi que certains médicaments destinés au traitement du diabète, de l’hypertension et des maladies cardiovasculaires, utilisés sur le long terme. Les subventions s’élèvent à Rs 10 par boîte de poisson en conserve et à Rs 50 par paquet de dix couches. Elle cible également certains médicaments, notamment les antidiabétiques, les antihypertenseurs et les traitements cardiovasculaires, largement utilisés pour le suivi à long terme des maladies chroniques, dont le prix de vente est de Rs 100 ou plus. La subvention a été fixée à Rs 50 par boîte de médicaments ciblés. Ces mesures, annoncées également pour Rodrigues, ont été accueillies favorablement par les acteurs du secteur qui se sont engagés à répercuter les réductions de prix sur les consommateurs, selon le ministère de tutelle.
Cependant, après des discussions récentes avec les importateurs, indique un communiqué du ministère du 13 janvier, les opérateurs du secteur pharmaceutique rencontre des difficultés techniques et pratiques pour adapter leurs systèmes dans le délai initial. Ces difficultés, liées notamment à la fermeture de leurs opérations et de celles de leurs prestataires informatiques pendant la période festive, auraient été évitées en temps normal. «Les opérateurs ont en outre indiqué que si la mesure devait être mise en œuvre à compter du 15 janvier 2026, il y aurait un risque élevé de perturbation temporaire de la disponibilité des médicaments, car un délai supplémentaire est nécessaire pour apporter les modifications à leurs logiciels de distribution des médicaments dans le cadre de la nouvelle mesure», explique le ministère... - Lire cet article
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